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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 11:31

Le recul des libertés publiques, et plus spécialement de la liberté d’expression en Algérie, s’accompagne de la dégradation des conditions de vie et de travail des journalistes. Vulnérables politiquement face aux harcèlements de la justice, les journalistes sont également vulnérables socialement et financièrement.

Selon les chiffres officiels de la Direction de la presse écrite au niveau du secrétariat d’état chargé de la communication pour l'année  2009, on constate une forte augmentation du nombre de titres des médias sur la scène nationale au cours des dix dernières années. On dénombre 79 quotidiens, dont 40 arabophones et 39 en  langue française. Ces 79 titres parviennent à écouler  près de 2,4 millions d'exemplaires par jour sur les 2,5 millions au total des publications. Il n’en demeure pas moins que ce boum n’a eu qu’un effet illusoire sur les salaires des journalistes.En effet, selon les chiffres officiels et ceux des médias, 60 pour cent des journalistes sont payés moins de 250$, 30 pour cent sont payés entre 250$ et 350 $ par mois. Les 10% restant gagnent  plus de 350$. Seuls les vétérans ou les personnes occupant des postes de responsabilité au sein de la rédaction centrale dans les grands quotidiens ou dans les chaînes de télévision et radios bénéficient de bons salaires qui ne dépassent cependant pas 1000$. Par ailleurs les directeurs de journaux arrivent à gagner environs 2000$ par mois.

D’après le rapport du monitoring des Médias* réalisé à l’occasion des élections présidentielles par la ligue algérienne de défense des droits de L'homme " LADDH" : « Ces chiffres font référence au phénomène de la pauvreté et la misère sociale vécues par les journalistes en Algérie. Ce grand écart entre salaire des éditeurs de journaux et les journalistes explique, en partie, la différence entre la perception de la liberté par les éditeurs et leur intérêt pour les revenus générés de la publicité. Tout en laissant les journalistes se débattre dans les difficultés professionnelles et l’exigence de se conformer à l'éthique du métier et la nécessite de faire face à la misère, la répression et les procès». Quant aux journalistes correspondants dans les différentes régions et  villages d'Algérie, ils endurent un quotidien de plus en plus compliqué. Leurs situations professionnelles et sociales ne cessent de péricliter.

Une récente étude universitaire et une enquête sur le terrain ont révélé que plus de 85% des correspondants sont payés  moins de 150 $ par mois. Plus de 75 pour cent d’entre eux  ne bénéficient même pas d'une assurance maladie souligne Boujemaa Redouane, professeur à l’université d'Alger et  rédacteur du rapport Monitoring des Médias. Aziz, correspondant d’un quotidien régional, nous a assuré que la rémunération de ses « papiers » ne couvre quelquefois  même pas ses frais de déplacement. Les articles des correspondants sont en général rémunérés entre 3 et 9 $ souligne Aziz avec amertume. Lyazid khabar correspondant d’EL Watan à Bouira, déclare que « l'autocensure (un fait avéré) devient un exercice auquel sont soumis pratiquement tous les journalistes correspondants locaux, chacun suivant sa position dans la société et dans les arcanes du pouvoir local » et plus de 60 pour cent s'auto-censure par crainte de poursuites et de pressions a-t-il ajouté. 

Au Maroc ce boum des ventes de journaux n’a pas encore eu lieu. Leur nombre est très loin de celui de l‘Algérie. A titre d’exemple, «  EL Watan »*  à lui seul arrive à vendre plus que tous les titres francophones de la presse marocaine réunis. Paradoxalement, les salaires des journalistes au Maroc sont beaucoup plus élevés que ceux de leurs homologues algériens. Un journaliste qui débute à « L’Economist »*  est payé au minimum 700$. Deux fois plus qu’un journaliste confirmé  à « EL Watan »*. Comment peut-on expliquer qu’un quotidien comme « L'Économiste »* qui arrive difficilement à vendre 20 000 exemplaires par jour rémunère aussi  bien ses journalistes, alors que «  EL Watan » - qui vend sept fois plus - accorde des salaires dérisoires ? Difficile de savoir à quelle logique obéissent les patrons de presse en Algérie.

* Rapport réalisé pendant le compagne électorale des élections présidentielles du 09 avril 2009 par la ligue Algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) en partenariat avec  le Groupe de travail Arabe pour le Monitoring des Media (AWGMM). Une ONG sponsorisée par l’International Media Support (IMS), qui œuvre pour le développement des Medias dans le monde Arabe et Au Maghreb. Pour consulter le rapport : http://www.la-laddh.org/spip.php?article104. *EL Watan : Le journal francophone le plus vendu en Algérie.

*L'Économiste : Quotidien marocain d’informations générales.

Amirouche Nedjaa

Par HAMMAD - Publié dans : Culturel, sportif et amitié - Communauté : Associations
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 11:30

 

Une rencontre organisée par la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) que préside Mr Mostefa Bouchachi, qui devait se tenir à l’hotel El Biar à Alger ce samedi 10 octobre a été interdite. Les organisateurs ont reçu, jeudi vers 17 heures la notification écrite des services de la DRAG de la wilaya d’Alger. Cette rencontre rentre dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’abolition de la peine de mort qui a lieu le 10 octobre. Dans un communiqué adressé à notre rédaction, la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) maintient cette rencontre. Elle se tiendra le samedi 10 octobre 2009, à partir de 9h30 au niveau de son siège de la Ligue sis au 5 rue Frères Alleg, « ex Pierre Viala », 101 Didouche Mourad, Alger.

La LADDH se dit résolue à poursuivre sa lutte pour faire avancer les choses et dénonce avec la plus grande énergie cette interdiction non justifiée, et qui ne peut trouver sa justification que dans la gestion arbitraire des affaires de l’Algérie. Par cette interdiction, poursuit le communiqué, les autorités expriment le refus paranoïaque à toute initiative de la société civile qui vise à installer un débat national incluant les représentants de l’Etat sur des sujets qui concernent toute la société, notamment la question de la peine de mort.

Cette interdiction confirme le recul général des libertés en Algérie et la volonté du pouvoir de museler la société en s’attaquant à la liberté d’expression et en multipliant les atteintes aux libertés fondamentales.

L.M

Par HAMMAD - Publié dans : Culturel, sportif et amitié - Communauté : Associations
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 10:58

                                

                               

                                      Il y a 21 ans,

les jeunes ont occupé la rue pour dénoncer la dictature

5 octobre 1988 - 5 octobre 2009. 21 longues années se sont déjà écoulées sur les événements d’octobre 1988 que la mémoire collective algérienne retient comme étant un moment tragique, certes, mais un moment qui a contribué de manière décisive à la chute du système du parti unique. Il y a 21 ans, des centaines de milliers de jeunes ont occupé la rue dans de nombreuses grandes villes du pays pour dénoncer la dictature et les inégalités sociales. La réponse du pouvoir à leurs revendications fut d’une rare violence. Chargée de rétablir l’ordre, l’armée a – pour la première fois depuis l’indépendance – tiré sans hésitation sur la population.

 Bilan de la répression : entre 500 et 600 personnes tuées et des milliers de blessées dont beaucoup sont aujourd’hui infirmes. Des centaines de jeunes ont été également torturés dans les commissariats, les casernes et les postes de gendarmerie. En dépit de ces graves dérives, aucun responsable civil de l’époque ni aucun chef des services de sécurité directement impliqués dans la « gestion » des événements du 5 Octobre n’a été jugé à ce jour. De nombreux témoignages de l’époque soutiennent que c’est le discours prononcé le 19 septembre 1988 au palais des Nations par le président Chadli Bendjedid qui a mis le feu aux poudres. Comment ? Des clans au pouvoir désignés à l’époque sous l’appellation des conservateurs – et présentés comme étant radicalement opposés aux réformes politiques et économiques annoncées par le président Chadli dans ce discours qui restera dans l’histoire – auraient décidé de précipiter le pays dans le chaos pour saborder, sinon d’essayer à tout le moins de contrarier ses projets. Cela à plus forte raison, dit-on, que Chadli Bendjedid avait annoncé sa ferme intention de procéder à ces réformes au lendemain du 6e congrès du parti unique, le Front de libération nationale, qui devait se tenir dans le courant de la même année.

Nombreux, les partisans de la théorie du complot parmi lesquels on compte d’ailleurs l’avocat et défenseur des droits de l’homme Mokrane Aït Larbi et l’historien Daho Djerbal, se disent en tout cas persuadés que les événements du 5 octobre 1988 sont le résultat d’un règlement de comptes entre des clans au pouvoir qui a coïncidé avec un ras-le-bol généralisé. Et précisément sur le terrain, les opposants à Chadli et à son équipe de réformateurs se sont employés avec toutes leurs forces à diriger contre la présidence de la République le désarroi et le mécontentement de la population qui avait atteint son paroxysme à cause de la bureaucratie, des passe-droits et des pénuries à répétition endurées à travers tout le pays. Mais qu’ils aient été provoqués ou qu’ils aient été spontanés, les événements sanglants du 5 octobre 1988 que de nombreux journalistes qualifient de révolution démocratique devaient surtout marquer la fin d’un système, le début de la démocratie et du respect des libertés. Concernant bien des aspects, Chadli Bendjedid n’a pas cédé au chantage des conservateurs. Aidé par la formidable pression de la rue, il a fait voter une nouvelle Constitution qui a ouvert la voie au pluralisme politique, autorisé la création de syndicats autonomes et libéralisé le champ médiatique.

Vingt et un ans après, que reste-t-il du rêve de libertés portés par le 5 Octobre ? Tout le monde s’accorde à dire que dans les faits, les Algériens ne se sont réellement sentis libres qu’entre 1988 et 1992, soit durant ce que l’on a appelé la parenthèse enchantée. Au-delà, il faut sans doute être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la démocratie tant espérée n’est pas au rendez-vous. A contrario, l’amendement de la Constitution opéré l’année dernière pour permettre au président de la République de briguer un troisième mandat constitue la preuve que le pays a régressé. Au regard aussi des difficultés rencontrées par les syndicats autonomes et les partis politiques de l’opposition pour mener leurs activités, le système renoue dangereusement avec ses réflexes du passé. Aujourd’hui, le 21e anniversaire du 5 octobre 1988 est là, justement, pour nous rappeler que la démocratie n’est pas irréversible. Malheureusement, à l’exception de quelques associations qui ont décidé de braver les interdits pour célébrer cette date symbole, personne n’a l’air de se souvenir du 5 Octobre et d’avoir réellement conscience du danger.

 

Par Zine Cherfaoui

Par HAMMAD - Publié dans : Culturel, sportif et amitié - Communauté : Associations
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